Isabelle et le burn out

Dès l’enfance, je souffrais d’étouffement émotionnel puis physique. Je ne cessais de me répéter :

« J’étouffe. » Avant mes 8 ans, l’asphyxie de mon ventre se traduisait par des crises de colopathie qui n’ont jamais cessé depuis.
Cherchant l’aliment indigeste pour moi, je me disais : « Ce que je ne digère pas, c’est la vie. »
Ainsi, j’ai enchaîné dépression sur dépression. Je me suis cognée aux limites de plusieurs professionnels de la santé.
Alors, j’errais seule, désemparée.

Un tremblement de terre m’a dévastée à 47 ans : un « burn out ».

Vidée de mes forces, sans savoir, j’ai tenté la Thérapie Enfant Gigogne® .

Cette approche m’était inhabituelle :
– une vraie écoute ;
– une vraie disponibilité ;
– un cadre bien défini ;
– une direction donnée en connaissant les risques qu’elle pouvait engendrer ;
– un grand respect ;
– un accord commun avec ma thérapeute pour savoir jusqu’à quelle profondeur j’étais prête à aller dans la démarche.

Là, je n’étais nullement une patiente parmi d’autres, étriquée dans une séance de quarante minutes, mais une personne dans ses particularités, considérée, comprise, perçue dans sa profonde intimité et personnalité. Une personne courageuse qui « vaut le coup » d’être aidée.

Le temps nécessaire m’était donné pour être entendue dans mes souffrances et mes désirs de libération, de vie meilleure, de me donner une chance de guérir.

Avec la Thérapie Enfant Gigogne® , nous avons travaillé trois points essentiels terriblement entravants pour ma vie, pour parvenir à une délivrance surprenante et miraculeuse pour moi.

Pour chaque exploration, pendant la relaxation qui conduit à l’état modifié de conscience et permet d’accéder aux situations traumatiques oubliées, j’ai été guidée, mise en confiance pour mettre en lumière des évènements extrêmement traumatisants de ma vie.

L’étouffement a été la première difficulté travaillée. Cet étau obstruait ma poitrine et mes nuits sans respiration me paniquaient.

La recherche de la cause de ces sensations d’étouffement m’a propulsée à un vécu de ma vie intra-utérine vers trois ou quatre mois avec une scène de violence dans le couple où ma mère se fait battre outrancièrement et insulter, humilier avec, à tout moment, la possibilité d’être égorgée par mon père.

Ensuite, j’ai voulu me libérer de l’envie de mourir dans mon lit.

Dès l’adolescence, je priais pour mourir dans mon lit, et avec le « burn out », ce « désir-pulsion » est revenu à plusieurs reprises comme une fulgurance.

Cela m’a alertée et je me suis dit que cette fois-ci, sans une aide véritable, je ne m’en relèverais pas.

Ce travail d’exploration m’a conduite à retrouver un autre vécu de ma vie intra-utérine, une scène avec ma mère qui tente de se suicider par médicaments, dans son lit, un après-midi. Le désespoir de ma mère qui m’envahit et l’ombre de la mort qui plane…

Cela m’a conduite immédiatement après à identifier et à retrouver un autre marquage terrifiant qui m’a permis de comprendre et de donner du sens au troisième point entravant, ces murs noirs contre lesquels je me heurtais sans cesse.

Dans les moments d’extrême détresse, de façon récurrente, j’avais l’impression de voir et de ressentir des murs noirs, convexes, épais, autour de moi en demi-cercle, qui se rapprochaient de moi prêts à m’engloutir.

Plus j’avançais en âge, plus je me heurtais à ces murs de plus en plus nombreux sans aucune issue, et toutes les solutions que j’envisageais pour résoudre mes difficultés de vie restaient, elles aussi, sans issue.

J’ai en effet retrouvé, après la scène de tentative de suicide de ma mère dans son lit, la fausse couche causée par l’intoxication des médicaments avec la perte de mon jumeau évacué dans les toilettes et moi, complètement recroquevillée dans la partie supérieure de l’utérus, terrorisée, bleutée et cyanosée avec l’épouvante d’être entourée d’une paroi noire suffocante, prête à m’évacuer d’un moment à l’autre.

Les séances d’état modifié de conscience ont été parfois éprouvantes mais absolument nécessaires pour aller jusqu’à la racine des maux et me libérer de leurs émotions terriblement douloureuses et si profondément enkystées.

Tout ce poids de souffrance s’est dissous progressivement grâce à chaque séance d’exploration suivie de chaque séance de mise en paix de l’Enfant Gigogneâ retrouvé et grâce aussi à ma thérapeute, témoin bienveillant qui accueillait sans jugement les faits retrouvés par son attention à mon égard, sa compassion et son professionnalisme.

Je me sentais renaître à la vie.

En cinq mois, ces manifestations de grandes souffrances ont pu enfin être apaisées. Maintenant, j’ai 51 ans, je me sens accompagnée et suffisamment appréciée pour guérir et me donner le droit d’exister, de vivre et de devenir.

Extrait de « Guérir le futur des blessures du passé : La Thérapie enfant Gigogne® » Éd Trédaniel

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