Je faisais des infections urinaires à répétition. J’ai passé pendant des années des examens, des échographies, il n’y avait rien au niveau anatomique et physiologique qui pouvait expliquer ces infections urinaires.
Donc, j’en faisais à répétition, je prenais beaucoup d’antibiotiques et j’étais épuisée. Et je faisais ces infections urinaires uniquement lorsque j’avais un partenaire sexuel et que j’avais des relations sexuelles.
C’était compliqué, et du coup ça avait un impact sur mes relations sentimentales, car c’était associé aux rapports sexuels.
Je déclenchais ces infections urinaires uniquement le week-end, à part une ou deux exceptions, elles arrivaient tout le temps le week-end.
Une fois que l’infection urinaire se déclenchait, c’étaient des brûlures au moment de la miction… Je prenais des antibiotiques et c’était fini.
Le traitement faisait effet, par contre je pouvais très bien en refaire une un mois après. L’antibiotique ne faisait plus effet et du coup mon corps refaisait encore une infection.
Ça a bien duré quinze-vingt ans, à peu près.
Au cours des séances en EMC, j’ai visualisé la petite Pascale que j’ai estimée à l’âge de 5 ans, la petite Pascale qui était couchée dans son lit, la nuit.
Son papa est venu s’asseoir à côté d’elle et il a fait des attouchements sexuels sur cette petite fille que j’étais. Ma mère n’était pas là, et ça s’est arrêté quand elle est rentrée le soir.
La petite fille savait que ce n’était pas normal de par l’attitude de son papa qui n’était pas comme d’habitude… Ça ne lui plaisait pas vraiment et elle n’était pas capable de lui dire non.
Il avait une expression sur le visage qui n’était pas celle du papa au quotidien.
Je pense qu’il y avait une forme de culpabilité par rapport à ce qu’il faisait, même si c’était sans doute quelque chose de plus fort que lui.
Il y avait une gêne, il y avait quelque chose de difficile à percevoir par l’enfant, mais il y avait quelque chose qui lui faisait comprendre que ce n’était pas bien.
La scène s’est arrêtée quand la maman est revenue le soir, parce qu’elle était partie dîner avec des amis ou des collègues… Et quand le thérapeute m’a demandé quel jour cela s’était passé, j’ai réalisé que c’était un samedi soir.
J’ai compris alors pourquoi je faisais les infections urinaires le week-end, ces attouchements avaient eu lieu un samedi soir.
C’était une façon d’exprimer et de mettre au jour ce qui s’était passé.
Après la mise en paix, les infections urinaires se sont arrêtées, je n’ai plus jamais fait d’infections urinaires depuis.
Ça fait maintenant un certain nombre d’années !
J’ai pris conscience que ces infections urinaires étaient la traduction de ce que la petite fille voulait mettre en lumière, le fait que son papa avait pratiqué des attouchements sur elle.
Il fallait dire ce que la petite fille n’avait pas pu dire et que j’avais totalement oublié, mon corps l’exprimait de cette façon-là.
Il fallait que j’aille retrouver ce traumatisme que la petite fille avait eu pour la mettre en paix.
Ça a été très libérateur, parce que quand on va voir x médecins, qu’on fait x examens, qu’on prend pendant des années des antibiotiques, qu’on ne sait pas pourquoi on fait ces infections, puisqu’il n’y a rien médicalement qui les explique, de pouvoir enfin résoudre ce problème en identifiant ces attouchements et en mettant en paix la petite fille qui les a subis. Ça a été une grande, grande libération pour ma vie de femme.
Extrait de « Guérir le futur des blessures du passé : La Thérapie enfant Gigogne® » Éd Trédaniel