Rose et les saignements rectaux

Je suis âgée d’une trentaine d’années, et mon activité professionnelle dans le domaine de la relation d’aide m’a tout naturellement conduite à me perfectionner vers des approches et des pratiques psychothérapeutiques.
C’est ainsi que je me suis trouvée à me former auprès de l’organisme de formation Espace Transformation.
Parmi les différentes approches enseignées dans le cadre de la formation de psychopraticien, celle de la Thérapie Enfant Gigogne® m’a particulièrement intéressée et passionnée.
Les éléments théoriques et les situations présentées faisaient écho à beaucoup d’évènements de ma propre histoire, de mon adolescence et de mon enfance.

À l’âge de 10 ans, mes parents se sont séparés.
J’ai vécu difficilement l’absence de mon père que je ne voyais que rarement (anniversaires et quelques week-ends à son domicile).
Cette séparation de mes parents, ce manque de relation avec mon père ont sans doute favorisé une adolescence explosive avec beaucoup de colère et d’ambivalence, souffrir de l’absence de ce père et parfois espérer qu’il disparaisse, qu’il ne soit plus là, qu’il meure !
Colère, culpabilité mélangées (que je comprendrai plus tard !).
Au cours de ce parcours de formation, je me suis interrogée au sujet de certains évènements de cette période de ma vie.
Pourquoi avais-je tellement eu besoin de vivre des relations fusionnelles, comme avec ma meilleure amie d’adolescence, comme avec mes premières relations amoureuses ?
Pourquoi avais-je eu ce besoin « plus fort que moi » de toujours pousser les limites plus loin, jusqu’à me mettre en danger, sortir faire la fête, m’alcooliser, multiplier les relations sans lendemain ?… Ce besoin de chercher l’Amour et de se mettre en danger !
Pourquoi la jeune adolescente que j’étais (avant ses 18 ans), lors d’une soirée, a rencontré un garçon avec qui elle a passé la nuit et au petit matin elle s’est rendue compte qu’un autre jeune homme s’était introduit dans son lit pour la violer ?
Elle s’est sentie alors tellement trompée, abusée, honteuse et dans l’incompréhension !
Pourquoi cette relation de couple passée avec un homme beaucoup plus âgé, de plus de vingt ans ?
Pourquoi dans ma vie ces répétitions ?
J’ai alors décidé de me faire accompagner avec la Thérapie Enfant Gigogne®.
Ma problématique autour de mes relations fusionnelles qui se soldaient par des ruptures douloureuses m’a conduite à retrouver la perte d’un fœtus jumeau in utero.
Un pan de ma vie affective et relationnelle s’est alors éclairci et apaisé.
Ce vide affectif que je ressentais s’en est allé.
Je pouvais enfin rester seule tranquille et complètement sereine plus d’une journée, bien avec moi-même : une réelle libération !
Mais comme les références théorico-pratiques de la Thérapie Enfant Gigogneâ le disent, un foyer émotionnel traumatique peut en cacher un autre !
ans les temps de formation, la fréquence des traumas sexuels mis en évidence dans les situations présentées me semblait exagérée.
La vie s’est chargée de m’en donner des preuves concrètes !
Pendant cette période, j’ai emménagé dans une maison dont j’ai pris conscience après coup qu’elle ressemblait étrangement à la maison de mes grands-parents paternels…
J’ai ensuite été confrontée au décès de mon père qui a passé la fin de sa vie seul, dans la maison de ses parents, la maison de mes grands-parents paternels !
J’ai dû alors rapatrier dans ma maison de location qui ressemblait tellement à celle des grands-parents beaucoup d’objets ayant appartenu à mon père et à mes grands-parents, car je ne voulais pas jeter, sans doute par rapport à une certaine loyauté.
Quelques mois après, des ballonnements au niveau des intestins sont apparus, puis ces ballonnements intermittents sont devenus des constipations avec saignement et mucus dans les selles.
J’ai été orientée par mon médecin traitant vers un spécialiste gastroentérologue qui, avant d’envisager une coloscopie, a procédé à un toucher rectal que j’ai vécu physiquement et relationnellement avec une extrême violence ! La coloscopie pratiquée par la suite a révélé une rectocolite hémorragique au niveau du rectum.
Je me suis interrogée sur l’enchaînement de tous ces évènements et leurs liens que je ne percevais pas sur le moment, bien que vaguement je ressentisse que tout cela n’était pas que du hasard !
J’ai décidé d’aller explorer les profondeurs de ma mémoire pour identifier les causes passées possibles de cette rectocolite hémorragique dont les spécialistes que j’ai consultés me disaient qu’aucune étude n’avait jamais démontré de liens psycho-émotionnels avec cette maladie !
explorations menées à quelque temps d’intervalle.
Avec la première exploration, j’ai retrouvé une petite fille qui subit un viol par sodomie, perpétré par son grand-père paternel dans la maison des grands-parents dont il a été question !
Avec la deuxième exploration, j’ai retrouvé une petite fille de 6 ans qui a subi un viol par fellation et des viols par pénétration, dont un viol par sodomie, perpétrés par son père.
J’ai pris conscience aussi que cette petite fille avait choisi de taire ce qu’elle avait subi de la part de son père par peur de le perdre et perdre son amour.
Toute mon histoire de vie s’est éclairée enfin !
Mes relations fusionnelles amicales tumultueuses en lien avec la perte gémellaire !
Mes relations avec les hommes où je me mettais parfois en danger, le viol subi à l’adolescence, la relation de couple avec un homme beaucoup plus âgé en lien avec les empreintes incestueuses !
La maison de location qui ressemblait à la maison des grands-parents, le décès de mon père et les objets rapportés qui ont réveillé la mémoire du corps avec la RCH en lien avec les viols par sodomie subis par la petite fille de 3 et 6 ans.
Même le toucher rectal vécu et réalisé violemment par le « spécialiste » (encore un homme), qui était comme une répétition des sodomies subies enfant !
Les saignements se sont arrêtés après plusieurs jours, suite à la mise en paix.
Je me sentais plus légère, plus confiante avec un « poids » énorme en moins.
Même si cela peut paraître surprenant, je me sens beaucoup plus en paix vis-à-vis de mon père, car j’ai compris aussi que bien qu’il ait été l’auteur de ces actes inqualifiables, il a sans doute été aussi victime de tels traumatismes pendant son enfance.
Depuis, pour consolider le travail de libération des mémoires traumatiques, j’ai aussi entamé une méthode de soin par l’alimentation afin de diminuer les risques d’inflammation sur le plan physique.
J’utilise aussi quotidiennement le pouvoir des affirmations et des intentions positives et de gratitude.

Extrait de « Guérir le futur des blessures du passé : La Thérapie enfant Gigogne® » Éd Trédaniel

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